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Célimène
"La muse créole de la Saline"
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Un relais de poste sur la route des hauts
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Journée
Célimène
Ziskakan
chante
Célimène
Le piton Célimène
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Au milieu du XIXem siècle, un service de voitures publiques à six places
attelées à des chevaux ou à des mulets est chargé de transporter, bagages,
marchandises et lettres par la route de ceinture qui, à l'époque où
le cap La Houssaye était encore infranchissable, reliait par "les
hauts" Saint Paul à Saint Leu.
Sur cette route, de nombreux maréchaux-ferrants s'étaient installés
pour réparer les voitures et ferrer les chevaux.
La maison de l'un d'entre était particulièrement renommée, aucun voyageur
n'aurait voulu manquer l'étape, c'était celle d'un brave gendarme venu
de métropole nommé Pierre GAUDIEUX.
C'est à son épouse créole Célimène que Pierre
Gaudieux devait la renommée de sa maison.
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Célimène
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Chansons
de Célimène
Célimène,
muse ou pas ? |
Marie
Monique Jans, dite Célimène, est née le 20 avril 1807 à Saint-Paul.
Son père, Louis Edmond JEANCE, est un "créole" lui aussi
né à Saint-Paul le 28 septembre 1789 et décédé
à St Pierre le 12 décembre 1854.
La filiation du père de Célimène
Louis-Edmond est le fils de Louis JEAN,
un esclave affranchi, né vers 1755 au GOL à Saint-Louis
et de Gertrude, une malgache affranchie de Pierre-Louis LEGER DU DESERT,
née le 22 avril 1775 et décédée le 21 juin
1790 à Saint-Paul.
Louis JEAN, fut marié en première noce
avec Marie-Victoire, une esclave affranchie à cette occasion
par le chevalier TOUSSAINT DUBECDELIEVRE, ancien capitaine de vaisseau
de la Compagnie des Indes et propriétaire à Saint-Paul.
Après le décès de Marie-Victoire, il épouse
Gertrude en seconde noce le 27 octobre 1788.
La mère de Gertrude s'appelait Balbine. Née (esclave)
le 6 mars 1754 à Saint Paul, elle est morte le 13 août
1826 à Saint-Paul également. Balbine avait été
affranchie par Pierre Louis LEGER DU DESERT, à qui elle racheta
ensuite ses propres enfants, dont Gertrude...
En remontant plus loin encore, la mère de Balbine serait une
dénommée Rose, née "en mer" vers 1714,
décédée le 31 août 1804, esclave de Jacques
HOAREAU affranchie par André LEGER. Son père était
un Certain Jacques, esclave de Monsieur DELAVAL
La mère de Célimène se nomme Candide ou Marie-Candide.
Née vers 1790, elle est la domestique de Louis Edmond JEANCE qui
l'a affranchie en 1811 et épousée le 26 avril 1830 en reconnaissant ses
deux filles Marie-Monique, dite Célimène (alors âgée de 23 ans) et Marie-Céliste.
La fliation de la mère de
Célimène
D'après le contrat
de mariage passé entre Louis Edmond et de Marie-Candide le 4
avril 1830 dans l'étude de maître COUSIN, notaire à
St paul, la mère de Marie-Candide, esclave d'origine malgache,
s'appelait aussi Candide ou Marie-Candide
Mais Célimène aimait à se vanter, en plaisantant, d'être une descendante
du poète Évariste de Parny.
D'après
certaines sources, Candide, la mère de Célimène, ne serait pas la fille
de Marie-Candide mais celle de Marguerite, une esclave malgache avec laquelle
Évariste de Parny aurait eu une liaison.
Marguerite était une domestique d'Antoine TROUSSAIL, un chirurgien et
substitut du procureur de Saint-Paul arrivé sur l'île Bourbon en septembre
1782, dont la belle soeur, Esther, plus connue sous le nom d'Éléonore,
était la muse d'Évariste de Parny.Ces liens peuvent accréditer la relation
que ce dernier aurait pu avoir avec Marguerite, mais rien n'est prouvé
!
Pour d'autres, Marie Candide serait la fille de Valère, épouse
d'Auguste, esclaves afranchis de Julien GONNEAU-MONTBRUN.
Affranchie par Louis Edmond JEANCE en 1811, Célimène épouse Pierre GAUDIEUX
le 3 octobre 1839 à Saint Paul.
En 1852, Pierre GAUDIEUX décède. Célimène, alors âgée de 45 ans, se retrouve
sans ressources pour élever ses cinq enfants. Elle recevra l'aide de Joseph
LE LIEVRE, un propriétaire sucrier fier "d'avoir pu être de quelque
utilité à une descendante, même de la main gauche, du poète Parny".
Une lithographie du peintre Louis Antoine Roussin,
la représente, déjà âgée, avec de petites boucles en or aux oreilles,
les cheveux doucement ondulées sous un bonnet de dentelle. Elle gratte
une guitare, le regard un peu vague et le sourire légèrement moqueur.
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Une gloire locale
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Célimène est dotée d'une vive intelligence. Elle n'a pas fréquenté l'école,
mais elle sait tirer profit des leçons particulières données aux enfants
des propriétaires sucriers qu'elle fréquente.
Elle manie le verbe avec beaucoup d'aisance et possède une répartie facile,
aussi prompte en prose qu'en vers, qui fait l'émerveillement des clients
du relais, même si c'est souvent à leurs dépens.
Le poète Jean ALBANY, originaire lui aussi de la Saline, nous
en dresse le portrait :
"Elle n'était pas noire, elle avait
un visage de mulâtresse, un teint safrané, de grands yeux en amande,
une bouche sensuelle, un port de tête royal".
Il nous décrit aussi son accueil :
| "Quand la malle, la diligence,
transportant les voyageurs de Saint-Paul dans les hauts du pays, s'arrêtait devant sa petite
auberge, sa cantine, elle faisait asseoir les gens fatigués par les cahots et la poussière
de la route. Elle leur offrait des liqueurs, l'coup de sec, le frangorin, le jus de canne,
le lait de noix de coco. A celui qui avait faim, elle servait un carry, un rougail,
du vin. Du vin de Bordeaux, naturellement. |
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Et, c'est alors
que pinçant sa guitare, elle chantait toutes les chansons qui
lui passaient par la tête, en français ou en créole... Elle en
inventait même... Elle n'avait jamais appris à jouer de la guitare,
ni à composer des airs, mais elle chantait quand même... Le premier
marchand de mangues venu, le charretier qui passe, le voyageur
lui-même, était matière à son ironie. Vers la fin de sa vie, un
peu désabusée, elle se chantait elle-même." |
Comme la plupart des chanteurs créoles de l'époque, Célimène
compose ses propres textes en vers sur des airs parfois inspirés
des chansons populaires en vogue.
Célimène meurt à Saint Paul le 13 juillet 1864.
Dans un article nécrologique Thomy de la Huppe écrit :
| "Ce nom n'est pas seulement
écrit dans l'album de la Colonie au dessous de son portrait, il
est gravé dans le souvenir des générations qui avaient appris
à la connaître et à l'aimer. Il est attaché à cette route où pendant
longtemps le voyageur dira en passant : c'est là que chantait
Célimène". |
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La descendance de Célimène
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A la réunion, les descendants de Célimène sont nettement
moins nombreux que ceux des Payet, Hoareau, Grondin ou Fontaine ! Il n'y
en a plus à la Saline, ni même à trois -Bassins, mais
on trouve encore plusieurs GAUDIEUX à Saint-Denis et une à
Sainte-Marie.
Avant son union avec Pierre GAUDIEUX, Célimène eut une
fille naturelle et reconnue, nommée Marie-Louise Ovida LEBRETON.
En 1854 à Saint-Paul, cette première fille de Célimène
a épousé Guillaume ROGER de VILLEPINTE, qui fut ensuite
directeur de la concession d'Ironi à Mayotte. A la mort de son
époux, elle se remaria avec Alfred Louis Zacharie GRENET, médecin
de la marine, et rentra s'installer avec lui dans le Finistère.
Célimène est donc non seulement l'aïeule des GAUDIEUX
et des SERAPHINE de la Réunion, mais aussi des nombreux GRENET
qui vivent en métropole.
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La mémoire de Célimène
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L'ancien relais de Célimène photographié
en 1970
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La maison de Célimène
Une centaine de mètres après l'entrée du village de la Saline
en venant de Saint-Paul par le CD 6, en face du chemin qui conduit
au Lycée
professionnel de VUE BELLE et à l'ancienne usine de canne
à sucre désaffectée en 1970, on peut encore voir, un siècle
plus tard, cette maison couverte de tôles qui semble défier le temps.
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| En 1952, des amoureux du passé
posèrent sur la maison, occupée alors par un boutiquier chinois, une
plaque commémorative. |
Aux passants
Ici vécut un phénomène
Ici rima, ici chanta
La brune enfant des Calcuttas
Guitare en mains, la Célimène.
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Dans les années 70 une boulangerie et une boutique occupent l'ancien
relais de Célimène. La plaque qui perpétue sa mémoire est encore visible
sur la boulangerie.

L'ancien relais de Célimène
en ruine (photo de 1996)
De nos jours le bâtiment a été rénové. Il accueille à nouveau les
voyageurs puisqu'il abrite un snack-bar qui, comme il se doit, a été baptisé
"Chez Célimène".

L'ancien relais de Célimène
existe toujours en 2002
JP Fatout à partir de
"Chrysalides",
un recueil réalisé par les élèves de 3ème B et C1 dans le cadre d'un PAE
"Expression"
(Melle BEGO, M. DAMBREVILLE, Mme LEBOURDIEC, M. THIBAUT)
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Le collège de la
Saline devient le Collège"Célimène Gaudieux"
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Le 24 avril 2001 le Conseil d'Administration du collège de la
Saline émet l'idée de donner au collège le nom de
Célimène GAUDIEUX.
Le 15 mai 2001, le maire de Saint-Paul approuvé l'idée.
En
vertu de l'article 15 de la loi n° 86-972 du 19 août 1986 portant
dispositions diverses relatives aux collectivités, la Commission
Permanente du conseil Général à décidé,
lors de sa séance du 30 Janvier 2002, de donner au collège
de la Saline le nom de Collège Célimène GAUDIEUX.
L'inauguration a été l'occasion d'organiser une fête
à la rentrée scolaire de 2002.
Le groupe ZISKAKAN est revenu à cette occasion jouer pour les
élèves.
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Collège Célimène
Gaudieux - Montée Panon
- B.P. 103 97422 LA SALINE SAINT-PAUL
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