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LA CANNE
La
canne à sucre est un roseau très
dur qui atteint 3m de haut et dont le cycle s'étale sur une année.
La floraison à lieu en hiver austral (juillet-août), la coupe se fait
entre septembre et décembre.
La canne à sucre est une plante vivace.
Elle repousse donc sans avoir besoin d'être replantée. Cependant les
plants s'appauvrissent à chaque repousse et les rendements diminuent.
Il est donc nécessaire de les renouveler tous les 7 à 10 ans. Ce renouvellement
se fait par bouturage de tronçons de canne dans des sillons. Les nouveaux
plans ne pourront être coupés que 18 mois plus tard durant le second
semestre de l'année. Il n'y pas si longtemps la coupe était effectuée
à la main fournissant du travail aux habitants des hauts, aujourd'hui
elle est mécanisée.
La canne à la Réunion
La canne à sucre a été importée à la Réunion de Java puis de Madagascar
dès le XVII° siècle. Au début elle ne servait qu'à fabriquer un alcool
artisanal et à fournir du fourrage pour le bétail.
Ce
n'est qu'a partir du XVIII° siècle que son exploitation s'est considérablement
développée. Les progrès techniques permettent d'en tirer un sucre
utilisable sous forme de sirop et la main-d'oeuvre abondante et bon
marché fournie par l'esclavage en permet une exploitation particulièrement
rentable. En 1815 Charles Desbassyns créa la première
distillerie.
L'âge d'or de la canne
Il
allait débuter au début du XIX° siècle avec la découverte de la cristallisation
par épaississement du sirop, et durer plus d'un siècle. La rareté
du sucre à cette époque lui donne une valeur élevée
qui permet à la Réunion de connaître une richesse rapide avec cependant
quelques crises passagères.
Après l'abolition de l'esclavage, une main-d'oeuvre importante
fut importée des Indes. Mal payée, elle permit encore de gros profits.
Les
difficultés
Le développement de la betterave sucrière, la concurrence des Antilles,
l'apparition du "boreer" (le phylloxera de la canne), quelques
cyclones, des épidémies eurent raison de cette époque bénie.
En 1980 on comptait des dizaines de milliers de coupeurs et 14.0000 livreurs.
Ils n'étaient plus que 6.000 en 1995. De nombreuses exploitations
ont été abandonnées, mais celles qui restent sont plus étendues et plus
rentables.

L'ancienne usine sucrière de Vue-Belle
à la Saline, aujourd'hui désaffectée
De plus de
deux cent usines de traitement de
la canne, leur nombre est descendu à onze
en 1960.
Il n'en reste plus que deux en 1996,
l'une dans le nord à BOIS ROUGE l'autre dans le sud au GOL
  
Les
deux dernières usines de sucre de l'Île encore actives
: BOIS-ROUGE et Le GOL
Les nombreux vestiges des
chemines des anciennes usines qui parsèment les cotes nord et sud de
l'île sont encore témoin de cet âge d'or de la canne à la Réunion.
La
production de canne reste dominante dans l'agriculture réunionnaise
Cependant,
bien qu'en fort déclin, la culture de la canne à sucre
occupe encore près de 5 000 exploitants et reste la principale
activité agricole de l'île, se situant à part égale
avec les deux autres types de productions agricoles de la Réunion:
la production animale et les autres cultures végétales.
Les champs de canne couvrent plus de la moitié des terres cultivées
(environ 27 000 hectares). Les plantations s'étendent sur le
littoral Est (zone chaude et humide) et entre 300 et 800 m d'altitude
sur les pentes de la côte Ouest et Sud de l'île.
La canne à sucre ne peut pousser en dessous de 300 mètres
que grâce à l'irrigation, comme c'est le cas à la
Pointe au sel, en dessous de la Saline.
La canne à sucre joue un rôle important dans le maintien
des sols. Grâce à ses racines, elle fixe la terre en période
de fortes pluies, et ses tiges souples résistent mieux de d'autres
cultures aux cyclones.
La
campagne sucrière
Tous
les ans en début de saison fraîche (juillet) débute
la campagne sucrière. De nombreux journaliers sont embauchés
pour la coupe qui se fait cependant de moins en moins à la main.
Les cannes coupées sont acheminées vers les centres de
pesée à l'aide d'énorme camion appelés"cachalots".
Arrivée au centre de pesée la teneur en sucre de la canne
est évaluée car, les cannes étant destinées
essentiellement à la fabrication du sucre et du rhum, l'agriculteur
est payé, non seulement en fonction du tonnage livré,
mais aussi en fonction de la richesse en sucre de sa récolte.
Les cannes sont ensuite hachées en morceaux avant de passer au
moulin qui va en extraire le précieux jus. Ce jus sera ensuite
clarifié par filtration puis chauffé pour être transformé
en sirop. Ce sirop sera ensuite cristallisé pour donner naissance
au sucre roux.
Une
production en baisse
En 1998, la production agricole a diminué de 11% en valeur en
raison de données climatiques particulières, forte sécheresse
en début d'année, suivie en février de fortes et
brutales précipitations d'un niveau cyclonique.
1.091.924 tonnes de cannes ont été broyées lors de
la campagne sucrière de 1999 et 1.821.076 tonnes lors de celle
de 2000. La campagne sucrière 2001 s'est achevée fin décembre.
La production de canne n'a atteint que de 1 800 000 tonnes pour l'ensemble
de l'île, c'est moins que l'an passé et, selon les spécialistes,
c'est peu !
Les dégâts réguliers causés par les cyclones,
les attaques de maladies ou de prédateurs (ver blanc sur la canne),
le recul des terres agricoles (7 000 ha environ de 1989 à 1997)
du fait de l'extension des zones d'habitat urbain mettent en péril
cette production traditionnelle de la Réunion.
Aujourd'hui la culture de la canne à sucre ne survit que grâce
à des subventions importantes de l'Union Européenne et de l'État
dans les limites d'un quota d'environ 300 000 tonnes de sucre. La réunion
produit entre 170.000 et 200.000 tonnes de sucre, dont quatre-vingt dix
pour cent sont vendus sur le marché national et 150.000 hectolitres de
rhum à 40° qui ont encore du mal à concurrencer les rhums des Antilles.
Le ver blanc, un nouvel ennemi de
la canne
Contrairement à ce que son nom pourrait laisser supposer, le "ver
blanc" n'est pas un ver, mais la larve d'un hanneton, le "hoplochelus
marginalis", apparu à La Réunion en 1981. Cette larve passe beaucoup
de temps sous terre et, très vorace, elle ronge les racines de la canne.
Après des tentatives de traitement chimique le choix se porte maintenant
sur un traitement biologique avec l'aide d'un champignon microscopique.
Une ancienne sucrerie transformée en musée
: le Musée de Stella Matutina.
Pour visiter le site du musée cliquez sur l'image ci-dessous.
(vous pourrez en même temps découvrir
La Maison du Volcan)

Collège Célimène
Gaudieux - Montée Panon - B.P. 103 97422 LA
SALINE SAINT-PAUL
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