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La langue créole

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Créole est un mot d'origine espagnole signifiant "élevés ici".

Le créole est une  langue orale apparue au cours du XVIIe siècle lors de la colonisation de communautés isolées, et presque toujours insulaires, dans lesquelles existait un rapport de force très inégal entre une classe dominante et une classe dominée.

Dans sa quasi totalité, et quelle que soit le lieu de son apparition, le créole est basé sur les mots la langue de la classe dominante auxquels se sont ajoutés des emprunts aux langues des différentes ethnies colonisées.

Contrairement à une idée communément répandue, le créole n'est pas une déformation d'une langue, mais une variante régionale de cette langue. Durant près de trois siècles, le développement du créole s'est fait de manière autonome. Cela explique qu'il possède ses propres structures, qui le différencient parfois profondément de sa langue d'origine, le rendant incompréhensible à ceux qui parlent la langue dont il est issu.

Des langues créoles

Il existe plusieurs parlers créoles basés sur les différentes langues des anciennes puissances maritimes et coloniales : 

  • sur l'espagnol,  (Colombie et Curaçao)
  • sur le portugais (Cap-Vert, Casamance, Macao, Inde, Curaçao)
  • sur l'anglais (Jamaïque, Surinam, Sierra Leone)
  • sur le hollandais (Surinam)
  • et sur le français (archipel des Antilles, Guyane, Haïti, Maurice, Rodrigues, Seychelles et Réunion).

 

Le créole
réunionnais

De l'oral à l'écrit

Langue
maternelle

Le créole à
l'école

Français ou Créole

  Le Créole Réunionnais Haut de la page
 

 

Une adaptation orale régionale de la langue française

Le besoin d'adaptation locale du français, l'utilisation fréquente de patois régionaux et leur diffusion orale, s'ajoutant à l'isolement causé par l'insularité et  l'éloignement de la métropole, expliquent à la fois la distance prise avec la langue française, telle qu'elle à évolué en métropole depuis le XVIIe siècle, et la variété des langue créoles d'origine française parlées aujourd'hui dans le monde.

Bien qu'issues d'une base commune, ces langues créoles sont devenues en grande partie incompréhensibles entre elles.

Le créole de la Réunion est un développement autonome de la langue rurale et  maritime des régions ouest et sud-ouest de la France du XVIIe siècle. Elle a dû s'adapter pour servir d'outil de communication entre des populations venues de France, d'Afrique, de Madagascar et des Indes.

Les français qui s'établirent à la Réunion étaient pour la plupart illettrés et de condition sociale proche de celle des groupe ethniques avec lesquels ils étaient en relation. En l'espace de deux générations leur langage s'est "créolisé", accentuant ainsi l'écart entre la langue des lettrés des classes dirigeantes et celle du reste de la population, maintenue en état de servilité durant toute la période coloniale.

Cet écart explique le peu de considération qui fut accordé pendant longtemps au créole, qualifié de "vulgaire patois" ou de "méchant dialecte" par la culture dominante. Le manque de considération pour ce langage débouchant souvent sur un mépris implicite s'étendant par glissement à la culture de ceux qui le parlaient.

Le créole, en devenant la langue de communication de tous les nouveaux arrivants, car étant la seule comprise et utilisée par tous, s'est cependant naturellement répandue dans toute l'île.

 
  Hétérogénéité du créole réunionnais Haut de la page
 

 

Les difficultés de communication, qui ont longtemps existé dans l'île de la Réunion, du fait de sa géographie physique et de la diversité ethnique du peuplement de l'île, ont entraîné de nombreuses variations locales au sein même du créole réunionnais.
Ainsi, on distingue :

  • le créole des Bas
  • le créole des Hauts
  • le créole de Saint-Denis
  • le créole des Cirques
  • le créole des "petits blancs"
  • le créole des "cafres"
  • le créole des "malabars"
  • le créole francisé
  • le français créolisé.

A ces différentes variantes de créole réunionnais s'ajoute chez les jeunes scolarisés un nouveau langage constitué d'éléments empruntés au créole et au français, mais aussi au langage des banlieues ou des séries américaines, qui n'est ni du créole, ni du français, et qui varie d'un adolescent à l'autre !

Les linguistes établissent une classification de ces parlers créoles réunionnais en fonction de leur éloignement avec la langue française.

  • Le basilecte, parlé dans les écarts, inintelligible pour un francophone
  • le mésolecte, plus répandu sur les zones côtières, en milieu urbain et dans les zones situées en dessous de 600 mètre d'altitude. Il reste difficile à comprendre pour un francophone
  • l'acrolecte, mélange de créole francisé et de français régional qui peut être compris par un francophone.
 
  De l'oral à l'écrit Haut de la page
 

 

Ces différences constituent une des difficultés rencontrées pour faire aujourd'hui du créole réunionnais une langue écrite et homogène, aucun accord n'ayant encore été trouvé sur un système de retranscription de la phonétique qui satisfasse tout le monde.

Deux tendances se sont opposée ces dernières années, l'une, l'écriture étymologique,  inspirée de l'écriture du français, l'autre basée sur une écriture phonétique du créole appelée lékritir-77 puis 83 et ensuite la graphie 200, évolution de lécritir-77.

Lékritir Kréol

C'est une graphie phonétique du créole réunionnais, inventée en 1977 par un collectif d'intellectuels désireux de défendre l'identité réunionnaise et baptisée "Lékritir-77".
Peu utilisée, car trop compliquée pour écrire une langue dont les mots sont à 90% d'origine française, elle est presque totalement abandonnée à l'heure actuelle, remplacée par la graphie 83 et, depuis 2001, par la graphie 2001.

Exemple d'écriture 77 extrait du livre "La réunion humoristique" (éd. Jacaranda)

"Mwin mi koné pa si zot y compran sat mi diazot.
Sa sé l'ékritir 77. E si ou lé pa kontat, pren konstan !
Si bann touris i rod somin sinpir, di a zot na in vil i apèl Saint-Pierre mé lé ékri si pankart in lot fason..."

La graphie 2001 permet de limiter le nombre mots s'écrivant de la même façon et de ne pas choisir arbitrairement entre différentes prononciations qui varient d'un lieu à l'autre et selon les classes sociales.

 
  Le créole, une langue maternelle Haut de la page
 

 

Jadis considéré comme la langue des pauvres et des asservis, et donc banni dans la haute société, le créole à conquis aujourd'hui ses lettres de noblesse, il est enseigné à l'université de Saint-Denis de la Réunion et s'épanouit depuis plusieurs décennies dans la chanson, l'humour, le théâtre et la littérature.

Bien qu'il soit très peu utilisé dans les relations de travail et pas du tout dans les actes officiels et les relations internationales, le créole est bien la langue maternelle des réunionnais.

Il est couramment, voire exclusivement, utilisé dans la vie quotidienne par la grande majorité des réunionnais.

 
  Le créole à l'école Haut de la page
 

 

La langue française est à la Réunion, comme dans tous les départements français, la langue officielle. Elle est donc aussi celle de l'enseignement.

En dehors d'enfants issus de milieux socioculturels privilégiés, trop d'élèves ignorent en entrant à l'école tout de la langue dont ils sont censés acquérir la maîtrise. De plus, la proximité des langues créole et française entraîne pour les jeunes élèves de nombreuses confusions et des difficultés dans l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Ces difficultés deviennent pour certains le fondement même de leur mise en situation d'échec scolaire dès le cycle primaire.

Beaucoup élèves développent un sentiment d'infériorité et d'insécurité psycholinguistique qui les rendent incapables de combler leurs lacunes linguistiques.

C'est à partir de ce constat que, depuis déjà quelques décennies, certains ont souhaité mettre en place dans certaines école primaires de la Réunion un enseignement de FLE (français langue étrangère). D'autres on même pensé qu'une telle mesure serait de nature à remettre en question le statut de département français de l'île.

Le débat est toujours d'actualité.

 
  français / créole ? Haut de la page
 

 

Expression de l'âme réunionnaise, le créole doit être préservé et continuer d'être utilisé, non comme un élément folklorique, mais comme un patrimoine chargé de sens et d'histoire, permettant d'exprimer et de faire connaître la spécificité de la culture réunionnaise.

Depuis novembre 2000, le créole réunionnais a acquis officiellement le statut de langue régionale. C'est à ce titre que son enseignement est désormais proposé en option dans les établissements scolaires de l'île, comme il en est fait des langues régionales dans les établissements scolaires de la métropole.

Pour de nombreux enfants créoles il s'agira d'un véritable apprentissage tant, nous l'avons vu, les variantes des parlers créoles sont importantes à la Réunion, mais cet apprentissage du créole (et de son écriture) permettra à la fois sa sauvegarde et sa valorisation.

Un concours spécial de professeur des écoles a récemment été créé pour former les enseignants du primaire. Pour ceux du secondaire, un CAPES de créole a été créé. La première session se déroulera en juin 2002. Ne pouvant prendre en compte la diversité des créoles parlés à la Réunion, il est loin de faire l'unanimité !

 
  La maîtrise d'une langue de communication  
 

 

Le créole n'ayant pas le pouvoir de grande communication que possède le français, (ou l'anglais, l'espagnol, le portugais), il serait suicidaire de d'enfermer les Réunionnais dans une "créolophonie" qui bornerait leur horizon aux frontière de l'île.

Il n'y a donc pas à choisir entre le créole ou le français,
mais nécessairement à opter pour le créole et le français.

La question ne se posait d'ailleurs pas avant l'accession de la Réunion au statut de département d'outremer. L'élite réunionnaise a toujours su manier, en tenant compte des circonstances, le français aussi bien que le créole. C'est encore le cas aujourd'hui.

Le problème de la maîtrise du français, indispensable pour suivre une scolarité avec quelques chances de réussite, commence à se poser avec la démocratisation, relativement récente, de l'enseignement à la Réunion.

Face à un analphabétisme qui ne régresse pas et des jeunes qui, n'en ayant ni la nécessité, ni l'envie, s'expriment de moins en moins souvent en français, cette maîtrise de la langue française orale et écrite est redevenue aujourd'hui la priorité de l'école. (Le phénomène ne touche pas seulement la Réunion, mais aussi les autres DOM-TOM et même la métropole).

A compter de la rentrée 2002, "aucun élève ne devrait quitter l'école primaire sans avoir cette assurance minimale dans le maniement du langage oral et du langage écrit qui lui permette d'être suffisamment autonome pour travailler au collège"
(Michel DIEULIVOL Inspecteur adjoint à l'inspecteur d'académie dans ARUM, in la revue de l'académie de la réunion  - Août 2001).

Des classes de consolidation

Crées pour aider les élèves détectés en grande difficulté du fait d'un accès difficile à l'écrit, des classes de sixième de consolidation ont été mises en place. Elles sont en progression. En 2001-02, elles concernent 46 des 71 collèges de l'académie. L'évaluation à l'entrée et à la sortie devient systématique.

Faisant suite à une année de recherche qui a permis de dresser un état des lieux, des classes de consolidation sont également mise en place pour les élèves présentant à la fois de très graves problèmes d'accès à l'écrit et des problèmes de comportement (élèves en très grande difficulté). 

Une formation spéciale des enseignants

Des stages et des projets seront proposés aux enseignants qui ont décidé de consacrer une part de leur mission professionnelle à ces élèves.

JP Fatout

 
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