Les FOUILLES OESTEOLOGIQUES

Quel est l'intérêt de ces fouilles?
Un peu comme le policier qui remonte au coupable à partir de ses empreintes digitales, la découverte de ces os va permettre d'en savoir plus sur cette tortue aujourd'hui disparue. Ainsi, en reconstituant le squelette, on va pouvoir faire une étude de la morphologie de la Cylindrapsis bourbonica. La proportion d'os jeunes ou vieux exhumés devrait permettre d'avoir une image de la représentation de l'espèce. Quant à l'analyse chimique des ossements, elle devrait révéler le type de plantes dont se nourissait la bête. Par ailleurs, une enigme des plus étrange entoure cette tortue. Pourquoi ne vivait-elle que dans la région de la "côte-sous-le-vent" (zone ouest et sud de l'île du Port à Saint-Philippe)? Autre point des plus étranges. Selon les scientifiques, cette tortue pourrait être originaire des côtes d'Afrique. Mais alors dans ce cas, pourquoi aucune trace de sa présence à Madagascar (La grande Ile est située entre les côtes africaines -700km- et la Réunion -600km-). Cette tortue est loin d'avoir livrée tous ses secrets. Enfin, sur l'intérêt de ces fouilles, on peut souligner l'important volet pédagogique qu'a représenteé l'initiative du Muséum de Saint-Denis d'associer à ses travaux des élèves. Ces derniers se sont montés particulièrement captivés par ces travaux sous la direction de R.BOUR chercheur au CNRS.

En 1992, les fouilles reprennent (voir histoire de la tortue de bourbon) sous l'impulsion du Conservateur du muséum: Sonia RIBES et de Roger BOUR. Le gisement ouvert à la Saline les Bains, à l'emplacement d'anciens marécages, se révèle extrèmement riche. A 80cm de profondeur reposent les os, en surface un substrat qui passe progressivement de l'humus à une vase très compacte, formée de débris organiques, de sable corallien et basaltique. Les os sont là, pêle mêle, protégés par la gangue de vase très adhérente. Le tout est noyé par la nappe phréatique, la hauteur variant de 30 à 70 cm et il faut pomper cette eau assez souvent pour faire descendre le niveau. En 8 demi-journées, les élèves ont sorti plus de 600 os significatifs de tortue. Ceux qui sont longs massifs et résistants sont abondants. Les fouilles se poursuivent encore, nous avons participer à la campagne de novembre 1996.

Le groupe des élèves avec
R.BOUR (CNRS)
et J.FRENOIR (prof)
exhibant un rostre de tortue

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En quelques jours les élèves, malgré leur jeune âge (11-12ans), stimulés par la fréquence des découvertes ont réalisés un travail exceptionnel. La photo du groupe prise le dernier jour avec Roger BOUR montre un des plastrons de tortue mis à jour lors de ces journées. Les conditions de recherche des ossements pouvait parfois rebuter. En effet il fallait "patauger" dans la boue, enfoncés à mis corps et fouiller à l'aveuglette les mains dans la vase, les fragments trouvés étraient passés au tamis. Les os trouvés sont d'abord lavés puis triés, les queues sont particulièrement recherchées car elles permettent de dénombre les individus, c'est un sabot corné recouvrant un éperon résultant de la fusion des dernières vertèbres caudales (3 de ces éperons furent trouvés).

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Tous sont plongés
dans la boue, profs..
S.COULOT notre
documentalite
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comme les élèves.
Les petites mains
cherchent des os.
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On utilise des tamis
pour trier les
trouvailles
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Sont-ils pas beaux?
M.C BURBAUD et
J.FRENOIR
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Une trouvaille!
Qu'est-ce que c'est?
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Le spécialiste
R. BOUR examine
cet os bizarre !
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Un crâne de tortue
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Une queue !
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Parallèlement aux fouilles les élèves se sont initiés au moulage d'ossements (cliquez) divers sous la conduite du taxidermiste du Muséum, J.P PALENCIA. Celui qui a reconstitué une tortue terrestre de Bourbon à partir de mousse de polyuréthane. Le résultat est impressionnant. On se retrouve face à une tortue énorme.

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