Synthèse :Zola, Thérèse Raquin

Nous avons ici un extrait du chapitre 7 du roman Thérèse Raquin, publié en 1867. Emile Zola est le principal théoricien du naturalisme. Dans cette œuvre, il s’intéresse tout particulièrement au tempérament des personnages, c’est-à-dire qu’il étudie les impulsions physiques qui déterminent les comportements. Ce roman a été un véritable succès et l'auteur a dû rédiger une seconde édition de la préface.
Dans ce roman, Thérèse est mariée à Camille, un homme chétif et inconsistant ; elle se réfugie donc dans la passivité et l’immobilisme. Mais son tempérament passionné et nerveux se réveille au contact de Laurent, un homme jeune et vigoureux qui, poussé par sa maîtresse, décide de tuer Camille.
Dans ce passage, Thérèse et Laurent n'en sont pas à leur première rencontre intime mais c’est la première rencontre au domicile conjugal.

I - La peinture de la passion amoureuse

1 - La montée de la sensualité

Elle fait référence aux sens :
- à l’odorat : "il s’échappait d’elle une odeur tiède, une odeur de linge blanc et de chair fraîchement lavée", "un air pénétrant et âcre".
- au toucher : "au premier baiser", "elle passait des bras débiles de Camille dans les bras vigoureux de Laurent".
- à la vue : avec le champ lexical de la lumière : "lueur blanche", "lumières ardentes", "elle rayonnait". 

2 - La relation entre Thérèse et Laurent

On peut remarquer que Zola a pris le parti d’exclure tout romantisme. En effet, pour lui, les émotions, les pensées dépendent du fonctionnement des organes. Ainsi, "tordue et ondoyante", "des flammes s’échappaient de sa chair", "corps inassouvi" nous montrent l’envie pressante des 2 amants.

II - Une femme fatale

1 - Thérèse, victime de son hérédité

- Thérèse est victime de son hérédité africaine qu’on peut qualifier d’hérédité solaire et nerveuse : "le sang de sa mère, ce sang africain qui brûlait ses veines".
- C’est une femme active, elle domine la scène. Zola nous fait le portrait d’une amoureuse ardente au tempérament de feu par justement le champ lexical du feu : "...des flammes s’échappaient de sa chair", "son sang... brûlait".

2- Un personnage double

- Au début, elle apparaît comme une femme qui sort d’un grand sommeil, comme une femme libérée : "elle s’éveillait comme d’un songe", "elle naissait à la passion".
- Le lexique de la lumière vu précédemment, évoque le tempérament de feu de Thérèse : "avec ce sang qui brûlait ses veines", "battre furieusement".
- On assiste à une métamorphose de Thérèse : "comme transfigurée", "elle était belle d’une beauté étrange".
- On dirait presque un dédoublement de personnalité qui la conduirait à l’hystérie : "fou", "tous ses instincts de femme éclatèrent avec une violence inouïe", "ce sang qui brûlait ses veines".

Conclusion

Ce roman Thérèse Raquin, écrit bien avant la série des Rougon-Macquart, contient déjà la théorie du naturalisme. L’écriture expressive de Zola donne à voir jusqu’au paroxysme, on est loin des écrivains classiques qui pratiquaient la litote. L'accueil de la critique est bien évidemment hostile à la sortie de ce roman (relire les préfaces successives).

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