BOURDIEU / BOUDON.

Prolongements

L'inégalité des chances scolaires.

 

Bourdieu. (1930 -2002)

C'est un sociologue français qui s'est inspiré dans ses analyses d'apports aussi divers que ceux de Marx (schéma bipolaire d'opposition) ou de Weber (place de la symbolique, du sens que donnent les individus à leurs actions) ou de Durkheim (vision holiste de la société).
-Dès 1964, avec Passeron, il montrait dans « Les héritiers », les inégalités des chance d'accéder à l'enseignement supérieur pour les fils de cadre et les fils d'ouvrier.
En 1970, dans « La reproduction » , il insiste à nouveau sur les inégalités de chance, de réussite sociale, et dénonce même une tendance à la « reproduction » des catégories sociales.
Cette tendance  à la reproduction s'explique par la différence de dotation en capital entre dominants et dominés :

De plus, pour Bourdieu, l'école est au centre de cette reproduction : elle n'est pas neutre. C'est elle qui favorise cette reproduction des inégalités. En effet, l'école véhicule la culture dominante, si bien que les enfants de dominants s'adaptent facilement au système scolaire alors que les enfants de dominés connaissent des problèmes d'acculturation  (difficultés pour assimiler une autre culture).
Finalement, on retrouve chez Bourdieu, une explication holiste des inégalités scolaires, puisqu'il explique par un autre fait social : les inégalités sociales .
Donc, pour Bourdieu, tant que l'école traitera de la même manière des enfants aux atouts différents, elle ne fera que reproduire les inégalités sociales.

 

 

RAYMOND BOUDON. (1934)

C'est un sociologue français, qui, à l'opposé de Bourdieu, s'inscrit plutôt dans le courant de l'individualisme méthodologique (les faits sociaux s'expliquent non pas par d'autres faits sociaux mais par l'ensemble des actions des individus).Il fait donc une large place aux actions des individus, à leurs stratégies dans ses analyses (s'inspirant ainsi de Max Weber).
Cependant, comme Bourdieu, il constate qu'il existe dans notre société une « inégalité des chances » (1973) selon l'origine sociale.
Mais , son explication est différente de celle de Bourdieu.
Selon lui, l'école est neutre dans les inégalités : les inégalités ne sont que le résultat de stratégies individuelles qui sont fonction de l'origine sociale.
En effet, selon Boudon, l'école est caractérisée par tout un ensemble de points de bifurcation (choix de la langue, des options au collège, seconde à option, choix des filières en première, choix post-bac : fac ou grandes écoles). Or, à chaque point de bifurcation, existent des stratégies individuelles, fonction de l'origine sociale .
En effet, les élèves (et leur famille) comparent les coûts et avantages de leurs choix à chaque décision. Ainsi, un élève issu d'un milieu modeste choisira plus facilement de s'arrêter au bac (c'est déjà une réussite par rapport aux parents = faible coût d'arrêt des études) alors qu'un élève issu d'un milieu aisé s'arrêtera rarement au niveau bac (coût psychologique trop important de l'arrêt des études).Ainsi, les inégalités scolaires et donc sociales s'expliquent par les actions, les stratégies individuelles des familles dans le système scolaire.

 

 

PROLONGEMENTS.